- 776 (1er Jeux) : LA COURSE DU STADE SUR 600 PIEDS

COROÏBOS D’ELIS, PREMIER CHAMPION D'OLYMPIE



Il fallait un pionnier à la Chronique des champions d’ Olympie. Ce sera Coroïbos d’Elis,  premier vainqueur reconnu par l’histoire.

Il fut le premier vainqueur de la première épreuve créée en 776 avant JC sur les bords de l’Alphée et de la rivière Cladeos au pied de la colline de Cronion dédiée selon la tradition au père de tous les Dieux : Cronos.

Il fut le premier vainqueur de la seule épreuve de ces premiers jeux : la course du stade. La postérité n’a pas retenu le nom des vaincus, mais sur cette première course, Coroïbos fut le maître du temps. Il fut le Chrono-maître.

A vrai dire, cela importait peu, même dans le temple de Cronos. Le temps, que les Grecs ne mesuraient pas encore de façon précise, ne comptait pas pour la course. Mais il allait compter pour la postérité !

Les pieds d'Héraclès

Ce que les Grecs savaient mesurer, par contre, c’était la distance. Le stade en effet, mesurait 600 pieds d’Heracles, soit une distance de 192 mètres 27. A cette époque, les jeux se disputaient entre les villes voisines d’Olympie en Elide. Les deux grandes rivales s’appelaient alors Pise et Elis.

Les conditions d’inscriptions étaient particulièrement sélectives. Il ne fallait être alors ni esclave, ni étranger, ni barbare. Quant aux femmes, elles étaient exclues des épreuves. Elles n’avaient même pas le droit d’y assister.

A cette époque, les Jeux étaient plutôt réservés aux plus riches, les aristocrates. Et pourtant, c’est un petit commerçant de la ville voisine d’Elis qui s’est imposé dans cette première course, un boucher selon la légende.

Quatre ans pour l'éternité : «L'Olympiade Coroïbos »

Pour le boucher éléen, la victoire va avoir un effet-bœuf.  Même s’il ne le sait pas encore, son nom va servir de repère à la mesure du temps. Et, pour les Grecs, la victoire de Coroïbos en - 776 sera le point de départ, l’an 1 du calendrier.

Comme la naissance du Christ pour notre calendrier grégorien !

A partir de Coroïbos, chaque vainqueur de la course du stade va laisser son nom à la période de quatre ans entre deux Jeux Olympiques : la première olympiade va servir plus tard d’étalon et restera à jamais «l’olympiade Coroïbos ». Les Grecs vont désormais se mettre en quatre pour honorer le vainqueur du stadion.

Le boucher d’Elis a t’il gagné la première course olympique grâce à sa vitesse naturelle ? L’a-t’il emportée grâce à la viande rouge qui sera considérée plus tard par certains médecins grecs comme un dopage et par le mathématicien Pythagore comme un «moteur » ? Nul ne le sait encore…

Mais l’exploit de Coroïbos a très certainement été salué par toute la ville d’Elis qui l’accueillit triomphalement à son retour victorieux. Mais il est peu probable qu’à cette époque antique, les aèdes aient chanté sa gloire athlétique ou que des sculpteurs aient gravé son exploit dans la pierre.  

Qu’importe après tout ! Coroïbos reste aujourd’hui l’auteur d’une grande première. Sa course vers l’Altis va devenir plus qu’un symbole :

Un aller simple vers l’éternité !

L'EPIQUE
-776
Coroïbos: la course en tête

      

LA COLONNE OLYMPIQUE

« Le prix de la course du stade fut le premier qu’on proposa. Il fut remporté par Coroïbos d’Elis qui n’a cependant pas de statue à Olympie, mais dont le tombeau existe sur les frontières de l’Elide. »

Pausanias, Le Tour de Grèce, L’Elide, V, 8

L’épreuve
  • Distance de 192,27 mètres, soit  600 pieds d’Héraklès.
  • Elle doit se dérouler tous les quatre ans.
L’exemple homérique

Achille se lève et crie : «Debout, ô vous qui voulez disputer ces prix ! » Il dit : le rapide fils d’Oïlée se lève, et après lui Ulysse, puis Antiloque, qui surpasse par sa légèreté tous les autres guerriers de son âge. »

Iliade, Chant XXIII


-776, Cette année-là 
  • Naissance des jeux à Olympie
  • Une seule épreuve : la course du stade
  • Les Jeux se déroulent dans l’Altis
  • La course arrive devant l’autel consacré à Zeus
Les héritiers
  • James CONNOLY des USA, premier champion olympique couronné aux Jeux modernes à Athènes en 1896 avec 13m71 au triple saut
  • Spiridon LOUIS, premier Grec vainqueur en 1896 dans l’épreuve hautement symbolique du marathon
  • Thomas BURKE des USA, premier vainqueur du 100 mètres à Athènes. Le 200 mètres qui correspond au stadion ne sera introduit qu’en 1900